Le réflexe
Un client, un investisseur, un directeur pose une question. Tu n’as pas la réponse. Tu produis quelque chose de plausible sur le bon ton, et la conversation continue.
Personne n’a rien remarqué. C’est ça, le problème.
Le réflexe builder
“Je ne sais pas. Je vérifie et je te reviens avant ce soir.”
Pourquoi
Une réponse fausse mais plausible est plus dangereuse qu’une absence de réponse, parce qu’elle voyage. Quelqu’un la répète en réunion. Elle atterrit dans un document. Elle devient une entrée dans une décision de pricing. Trois mois plus tard personne ne se souvient qu’elle est née d’une improvisation dans un couloir.
Dit à quelqu’un deux niveaux au-dessus, “je ne sais pas” a l’air d’un aveu alors que c’est un rapport exact. Seule, la phrase sonne effectivement comme un abandon. “Je ne sais pas, je regarde les logs, tu l’as à 17h” est une réponse complète, et c’est la deuxième moitié qui fait tout le travail.
Raison pour laquelle l’échéance doit survivre à la façon dont la vérification se passe vraiment. Quand la réponse est chez un fournisseur dont le support ouvre au moment où ta journée se termine, à huit heures d’écart, “à 17h” est une promesse intenable, et tu as échangé une improvisation contre un engagement rompu. Dis demain midi, et tiens demain midi.
Refuser de donner un chiffre à quelqu’un qui en a besoin avant de sortir de la salle n’est pas non plus de l’intégrité. Donne la fourchette avec sa source collée dessus, pour que personne ne puisse te la ressortir plus tard comme un fait.
À essayer
Prépare la formulation, pour ne pas la chercher sous pression.
Je ne veux pas te donner un chiffre au doigt mouillé là-dessus. Je vérifie et je te reviens demain matin.
Puis reviens demain matin. La crédibilité est entièrement dans le retour.
À discuter
Quelle affirmation circule ici depuis des mois sans que personne sache d’où elle vient ?