Le réflexe
“Pour ce marché, c’est largement suffisant.”
Le niveau vient de la concurrence locale, qui est parfois faible.
Le réflexe builder
“Personne ne nous compare à nos concurrents. On nous compare à ce qu’ils utilisaient il y a dix minutes.”
Pourquoi
Le “suffisant” repose sur une erreur de comparaison. Il suppose que la référence de ton client est ton marché. Elle ne l’est pas. Il ouvre ton application juste après WhatsApp, même téléphone, même pouce. La vitesse, la clarté, le fait de perdre ou non ce qu’il a tapé, tout ça a été calibré ailleurs par quelqu’un qui a mille ingénieurs. Personne ne fait de remise géographique en attendant qu’un écran s’affiche.
Deux décisions sont prises dans le même souffle, et une seule est délibérée.
S’adapter au contexte, c’est de l’engineering. Connexions instables, rails de paiement locaux, appareils bon marché, le prix du mégaoctet. Ce sont des contraintes, et bien travailler dedans est un travail difficile et respectable, que la majorité des ingénieurs du monde raterait.
Baisser le niveau, c’est autre chose, et ça ne se dit jamais à voix haute.
Une partie de la qualité coûte réellement cher. La largeur fonctionnelle, le polish de design à l’échelle, le support à trois heures du matin. La majorité de ce qu’un utilisateur juge dans les soixante premières secondes, non. Le temps de démarrage. Le fait que le bouton retour marche. Le fait que l’erreur dise quoi faire ensuite. Le fait que le même geste produise deux fois la même chose. Ça coûte de l’attention, pas du budget.
Et il y a une porte là-dedans. Un produit construit au niveau local reste local, sans que personne ait eu à le décider. L’autre garde la question ouverte.
À essayer
Fais le parcours principal de ton produit sur un téléphone bon marché, sur une mauvaise connexion. Chronomètre.
Puis chronomètre le parcours équivalent sur l’application mondiale que tes clients utilisent le plus.
Marque chaque écart comme contexte ou comme niveau. Le second type aime bien se cacher derrière le premier.
À discuter
Quand on dit ici que c’est suffisant, on compare à quoi, et qui a choisi ce point de comparaison ?